On sent qu'il a mouillé toute la nuit mais au moment de quitter l'auberge ce matin, il ne tombe rien. Nous enfilons les ponchos par précaution et seulement une fois dans la journée il tombera quelques brins de pluie mais sans plus.
Le problème ce matin, c'est la vase. Sur presque trois kilomètres, nous zigzaguons dans le sentier pour trouver le chemin le plus sec possible. Mais vient un temps où il faut passer dans la vase et ce n'est pas très long que les souliers s'alourdissent. Cela ralentit considérablement notre rythme et c'est plus tard que prévu que nous atteignons le village de Hontanas. Normalement deux heures quinze aurait suffi pour franchir les 11 kilomètres mais nous mettons une heure de plus ce matin. Nous ne sommes pas pressés mais c'est une marche désagréable car nous sommes obligés de regarder chaque endroit où l'on ose le pied plutôt que d'admirer le paysage.
Passer Hontanas, la température change du tout au tout. Le soleil cherche à percer et le chemin devient plus ferme. Nous ne croiserons plus aucun autre village avant d'atteindre notre destination, Castrojeriz.
L'approche de ce village est spectaculaire car des ruines d'un château trônent sur le haut de la montagne adjacente au village. L'endroit est charmant. Nous en traversons une partie pour atteindre l'auberge. Celle-ci est vraiment chouette et très rustique. L'hospitalero est d'une gentillesse renversante. Il amène même mon sac à dos jusqu'à la chambre. Photo.
Avant nos tâches, nous partons dans le village à la recherche de denrées pour le diner. Suite à la recommandation d'un français que nous rencontrons dans la rue, nous allons plutôt manger une soupe aux haricots rouges à la taverne d'à côté. L'endroit n'a de taverne que le nom car c'est très beau, rustique et chic à la fois. La soupe est renversante. Elle contient, en plus des fèves, trois sortes de saucisses et des morceaux de gras. Connaissant bien Loulou, je suis très surpris qu'elle mange tout son bol. Après avoir bien nettoyé mon plat avec du pain, le serveur revient avec la jarre à soupe et remplit mon bol tant que je ne lui dis pas d'arrêter. Du jamais vu en ce qui me concerne. Un petit cinq euros qui s'avérera des plus délicieux.
À ce moment-ci de notre voyage, pratiquement toutes les personnes que nous côtoyons dans les gites sont maintenant des amis, ou du moins des visages que l'on reconnait. Ici, ce sont surtout des jeunes que nous retrouvons et c'est très sympathique.
L'hospitalero sachant que je voulais acheter du vin me fait signe quand un marchand de vin ambulant arrête son camion devant l'auberge. J'achète une bouteille de rosé pour trois euros et je suis mort de rire.
Un groupe de jeunes s'empare de la petite cuisine et nous prenons un verre de vin en leur compagnie. Photo.
La cuisine est petite et nous mangeons tous ensemble. S'y trouvent trois jeunes coréennes adorables, deux allemandes, deux frères danois et nous deux, canadiens-français. C'est intéressant de voir à quel point la langue anglaise permet aux différents peuples de communiquer entre eux. Même Louisa, qui parle et comprend l'anglais beaucoup plus qu'elle ne le pense, a sa place dans cet amalgame de nationalités.
Nous nous couchons avec la tête qui tourne un brin, certes à cause du vin, mais aussi par rapport à cette autre journée extraordinaire vécue sur le camino.
samedi 24 avril 2010
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