En mettant le pied hors de l'auberge, c'est un pâturage à perte de vue de l'autre côté de la rue. L'orangé du lever de soleil ajoute au plaisir déjà grand de l'oeil.
Le parfum du petit matin est enivrant. Le chemin est bordé d'arbustes à fleurs odorants et la fraicheur de la rosée ajoute beaucoup à tout cela.
Il est presque huit heures et on a peine à croire que c'est lundi. Pas de voitures, pas de marcheurs. Si ce n'était des oiseaux qui piaillent sans arrêt, le silence serait total.
Le pas est bon et les conditions de marche sont excellentes. Il est tôt et le soleil est déjà chaud. Pas possible d'attendre la pause-café pour alléger la tenue et mettre la crème solaire.
Le café con leche vient bien assez vite au 9ème kilomètre. Et il est toujours aussi bon. Trois kilomètres plus loin, nous prévoyons faire la pause de mi-chemin dans un village presque fantôme mais il y a ici un idiot du village et il nous parle sans arrêt en faisant des signes bizarres. Il se tourne quelques fois et pointe son derrière de ses deux mains. Il parle sans arrêt et marche dans tous les sens. On l'ignore mais comme il a une hache dans les mains, on préfère simplement remplir nos gourdes à la fontaine et foutre le camp ! Heureusement, il y a des bancs à la sortie du village pour faire la pause. L'idiot est loin derrière et s'est trouvé un autre public, peut-être d'autres marcheurs, peut-être simplement le vent.
Bien que nous longeons presque sans arrêt une route nationale, le paysage n'en pas moins fantastique. On aperçoit même au loin des sommets enneigés qui nous semblent être les Pyrénées.
Notre destination est Sahagun et nous l'atteignons vers 13:30. La ville est de taille importante et nous aimons bien nous retrouver dans un contexte plus urbain que la veille. Les villages sont coquets et tranquilles mais celui d'hier, à part l'auberge et le bar était aussi ennuyant que la pluie.
L'auberge n'est pas du tout conventionnelle. Elle fait partie d'un projet de revitalisation d'une ancienne église. Elle occupe la moitié du bâtiment et est sur deux étages. Le dortoir occupe le deuxiéme étage et un simple rideau le sépare de la salle de spectacle adjacente qui elle, occupe l'autre moitié de l'église. Au moment de s'installer dans la place, des enfants pratiquent un numéro de danse qui semblera faire partie d'un spectacle prochain. C'est très mignon... pour le moment.
Nous partons prendre une marche (eh oui, une marche) dans la ville et nous nous arrêtons prendre une bière sur une terrasse en attendant que la ville termine sa sieste et que les commerces ouvrent à nouveau.
Retour au gite, on soupe avec un sympathique arabe qui s'est préparé un espèce de bon repas duquel on va s'inspirer à notre retour à la maison.
On retourne par la suite prendre du soleil, mais pas longtemps car j'ai l'estomac un peu à l'envers et j'ai le goût de me coucher même s'il n'est pas 20:00.
Je n'ai pas pris place dans mon sac de couchage depuis une minute que ça décolle à côté dans la salle de spectacle. Après les enfants, c'est au tour des adultes à préparer leur spectacle de fin d'année. J'ai l'impression que c'est une blague et je cherche la caméra. La musique est forte mais quand même bonne.
Pour le moment, ça ne me dérange pas trop car j'écris ces lignes mais il est rendu 21:30 et je commence à m'inquiéter de l'heure à laquelle ils finiront. Loulou n'a pas de problème avec ça. Avec ses bouchons, elle dort en moins de deux.
C'est difficile de s'expliquer ce genre de situation. D'un côté, il ya des gens épuisés qui ont tous marché beaucoup et qui se reposent avant d'entreprendre une autre journée de marche. Et de l'autre, il y a la fiesta, la musique et le bruit. Pour le respect, j'ai connu mieux. Encore une chance que l'on ne soit pas tombés sur le soir de première !
Aujourd'hui, j'ai eu le goût de manger une poutine. Et le beurre de peanuts me manque beaucoup. Et par-dessus tout, un grand verre de lait bien froid ! Je fais le serment que j'entre dans un McDonald's s'il s'en présente un sur mon chemin !
mercredi 28 avril 2010
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