Je ne sais plus quel mot utiliser pour décrire les beautés qui s'offrent à nous. Je dirais que le lever de soleil sur la campagne espagnole ce matin était magnifantastique, mot inventé par Ully, notre copain danois, que j'aime bien et que j'appelle the Den Man.
Une fois de plus, c'est à couper le souffle. La Maseta est de toute beauté avec toute cette lumière. Encore aujourd'hui, les verts et le bleu font un mariage extraordinaire. La journée est longue et nous savons que les 24 kilomètres seront difficiles sous un soleil de plomb.
Et il frappe fort le soleil. A part quelques intermèdes d'ombre, les 15 derniers kilomètres sont chauds, très chauds. Mais comment se plaindre quand tout est grandiose et infiniment beau. Nous avons tellement demandé le beau temps que ce serait péché de ne pas l'apprécier. Les trois fontaines rencontrées sur le chemin sont tous non-potable et l'eau est à ménager. Mais c'est un moindre mal quand on sait que l'on approche. Mais on a l'impression de ne jamais approcher. Nous rattrapons nos trois coréennes qui font la pause. Elles sont toutes trois très attachantes et elles semblent nous apprécier beaucoup. Et elles sourient sans cesse.
La route est sans fin. Nous nous promettons d'acheter de la bière en arrivant et de bouffer les chips que l'on a en provisions. Nous voyons un clocher au loin mais en s'approchant, nous nous rendons compte qu'il n'y a pas d'habitations autour. Déception.
Alors qu'on n'y croyait plus, le miracle se produit. Le clocher cachait bien un village. Calzadilla de la Cueza apparaît droit devant à moins de 500 mètres. Le village était caché dans un creux de la plaine, ce qui nous empêchait de le voir de loin.
L'auberge est directement à l'entrée du village et nous y sommes en moins de deux. Il n'y a pas d'endroit pour acheter de la bière mais la distributrice à Coca-Cola fera très bien l'affaire. On s'enregistre puis on savoure, bien installés à l'ombre.
L'endroit est très bien et tranquille à souhait. Comme à l'habitude, nous sommes parmi les premiers à prendre place. C'est bien d'avoir le choix des places. On n'aurait pas voulu se retrouver au mois de juillet lorsque des milliers de marcheurs à chaque jour jouent du coude pour la course aux lits. Les frères danois arrivent peu après et la première chose que cette belle jeunesse pleine d'énergie fait avant toute chose, c'est se coucher !
Après nos tâches, nous allons au bar qui se trouve à quelques pas de là. Surprise, nos trois coréennes et le coréen sont à la terrasse. C'est un peu surprenant de les y voir car ils n'étaient pas très loin derrière nous sur le route. Finalement, ça fait une heure qu'ils sont là. Les Den Men, Ully et son frère Michael, nous rejoignent et c'est le happy jour. La grosse Carlsberg pression est excellente.
Tandis que nous sommes dans un village très tranquille, nous en profitons pour souper très tôt, prendre une petite marche (pas croyable quand même) et se coucher tôt même si on sait que le va-et-vient du dortoir sera dérangeant.
Demain, plus de 23 kilomètres dans des conditions semblables à aujourd'hui nous attendent. Et nous franchirons la barre des 400 kilomètres et la moitié du chemin vers Santiago de Compostela sera dès lors derrière nous.
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