De St-Jean-Pied-de-Port à Santiago de Compostela

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dimanche 25 avril 2010

Jour 17 / vendredi / Boadilla / 20 km / 351 km

Ce matin, nous quittons Castrojeriz vers 7:40 sous un mélange de nuage, de brume et de ciel bleu. La température est douce et les premières lueurs du jour sont rassurantes. Nous nous dirigeons vers la montagne et la brume se dissipe tranquillement. Les rayons de soleil percent la mince couche nuageuse et le paysage est époustouflant. Nous grimpons sur près d'un kilomètre ce qui s'avèrera être notre dernière montée avant plusieurs jours.

Commence ici la Maseta et ses 200 kilomètres de plaines sans arbres à plus de 800 mètres d'altitude où le soleil tape très fort. Et le soleil est au rendez-vous. Devant nous se dresse un chemin presque rectiligne bordé de chaque côté par des pâturages à perte de vue et un ciel plus bleu que bleu.

La pluie des derniers jours rend le chemin un peu vaseux mais ce n'est que sur quelques centaines de mètres, une chance.

Le rythme est bon et la pause de mi-chemin à Itero de la Vega est plus que bienvenue. Le cafe con leche n'est pas très mousseux mais les biscuits secs qui viennent avec font tout oublier.

Comme c'est le cas depuis quelques jours, la pause nous donne des ailes et le reste du parcours se passe très bien.

Quand nous arrivons à destination, il y a maintenant une petite voix intérieure qui nous dit : "Déjà arrivé ?". Il n'y a pas si longtemps, cette petite voix disait plutôt : "Enfin !"

Les kilomètres passent et on ne s'en rend plus vraiment compte. C'est particulier comment l'esprit s'adapte. Auparavant, partir pour une randonnée de 20 kilomètres paraissait gros. Et le faire deux jours de suite semblait impossible. Maintenant c'est le quotidien. Nous focussons sur l'endroit de la pause-café et sur le point d'arrivée. Nous nous assurons de faire un arrêt assis une fois l'heure sans le sac à dos bien que ce ne soit pas toujours évident.

L'arrivée dans l'endroit où nous logerons est toujours un moment fort agréable. Boadilla est un bien drôle de village avec une gigantesque et très vieille église mais sans commerce aucun. Pas de boulangerie, de boucherie ni d'épicerie. La porte du gite est délabrée et c'est avec beaucoup de réserve que nous entrons. Pendant quelques secondes, nous sommes certains que nous ne resterons pas là pour coucher et que nous devrons faire encore six kilomètres pour atteindre le refuge suivant.

Nous n'avons pas dix pas de fait à l'intérieur que nous nous retrouvons dans une oasis de verdure et de soleil. Tout est comme dans un rêve avec une sculpture métallique au centre du terrain, une piscine creusée, une pelouse verte à rendre jaloux un pâturage, un café-terrasse avec parasols et de jolies maisonnettes qui s'avèreront contenir les dortoirs. Et le tout baigné d'un soleil extraordinaire. Tout ce dont je me méfie, c'est Edouardo l'hospitalero qui est on ne peut plus aux femmes. A peine sommes-nous arrivés qu'il a déjà jeté un œil sur le tag du sac de Loulou pour voir quelle est son nom. C'est un personnage en soi et on en rit bien !

Le reste de la journée se passe à faire les tâches et à profiter des installations. Nos provisions diminuent et il n'y a pas d'épicerie pour faire le plein pour le weekend. Heureusement, on a ce qu'il faut pour survivre une autre journée, considérant que l'on déjeune avec Edouardo demain. Possiblement photo.

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