Avant de franchir la moitié du chemin, le but était d'accumuler les kilomètres et de se prouver qu'on pouvait couvrir de longues distances sur plusieurs jours consécutifs. Maintenant, l'objectif est d'arriver à Santiago.
La journée démarre du mauvais pied. Une des consignes de l'auberge est de ne pas se lever avant six heures. Alors nous mettons dans nos sacs à dos tout ce que nous pouvons y mettre avant d'aller au lit pour qu'au matin, nous puissions quitter la chambre en douceur à notre heure habituelle vers 6:15.
Mais tout se passe autrement. Dès cinq heures, un peu avant même, ça commence à se lever. Et les portes se claquent, et les voix s'élèvent, et les lampes de poche s'allument. S'il y a une chose de notre voyage que nous commençons à trouver difficile, c'est la proximité dans les dortoirs et le manque de respect flagrant de certaines personnes. Et ce ne sont pas les plus jeunes les pires, au contraire.
Nous quittons l'auberge et traversons la rue pour déjeuner au bar. Le bon café nous fait oublier le lever difficile. La journée est une fois de plus sensationnelle. La route est rectiligne et il est difficile de trouver des repères. Les premiers douze kilomètres sont sans village et sans une flèche pour nous guider car le chemin est continuellement droit. La première église que nous apercevons au loin nous joue un tour car en plus de ne pas être celle que nous visons, il nous restera encore plus de trois kilomètres avant le village où nous ferons la pause. Nous y arrivons finalement mais pour faire changement, j'opte pour une eau gazeuse alors que Loulou y va du traditionnel café con leche. Nous y rencontrons un nouveau couple de français et notre chef arabe arrive quelques instants plus tard. Par beau temps, tous les bars ont leurs tables et parasols sur le trottoir ou dans la rue. Celui d'aujourd'hui exige de la serveuse qu'elle traverse la rue pour venir nous servir.
Journée mémorable pour Loulou sur le camino... ses premiers coquelicots. Ils sont dispersés au gré du vent tout le long du chemin au travers d'une multitude de fleurs des champs. On est encore loin du champ de coquelicots mais c'est très agréable quand même. Louisa en porte un pour la première fois à son chapeau. Elle est pire qu'une enfant
Il est bon de faire la pause quand il ne reste que peu de kilomètres à parcourir, aujourd'hui moins de sept. Mais ils sont longs et le clocher que nous savons être celui où nous nous rendons n'en finit plus de toujours paraitre loin. Le soleil est fort et le chemin pas très ombragé.
Vers 13 heures comme prévu, nous arrivons à Mansillas de las Mulas. Il s'agit plus d'une ville que d'un village mais tout ferme à deux heures quand même.
L'installation et les tâches complétées, le seul choix qui s'offre à nous maintenant est d'aller prendre une bière au bar d'à côté avec de bonnes choses à grignoter, mais pas d'olives.
Un tour de ville sommaire, un souper léger et le tour est joué, on est les premiers au lit en pleine clarté, bien sûr !
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