De St-Jean-Pied-de-Port à Santiago de Compostela

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samedi 1 mai 2010

Jour 24 / vendredi / 22 km / total 495 km

C'est avec le couteau entre les dents que nous quittons l'auberge à 6:50 ! Branle-bas tard le soir avec des voisins asiatiques qui n'en finissent plus de faire du bruit et de la lumière, une espagnole brusque et un vieux bouc qui allume la grosse lumière du dortoir alors que plusieurs dorment. Ce dernier a eu de mes nouvelles. L'absence d'oreillers a favorisée également à rendre la nuit difficile.

Et comme si ça ne suffisait pas, dès 5:15 ce matin, ça se leve en bloc. On se levait régulièrement les premiers et depuis deux jours, nous voilà bons derniers. Plus le groupe est grand et plus les gens agissent individuellement. La foule rend anonyme et permet des actions qui, en groupuscules, ne seraient jamais posées. Un dortoir n'est pas un un endroit pour faire la grasse matinée nous en convenons. Tous doivent avoir vidé la place pour 8:00 mais se lever avant 6 heures dérange la majorité.

Nos premiers pas de la journée, en plus de servir à chercher un bar ouvert si tôt, servent aussi à nous questionner sur les comportements humains que nous observons.

En route vers le café, nous décidons de ne pas nous laisser abattre par tout cela et à continuer à être nous-mêmes. Le respect engendrera toujours le respect, même si ses effets n'y paraissent pas dans l'immédiat.

Dès maintenant, notre premier critère de sélection d'une auberge sera la grandeur des dortoirs comme par exemple celui de ce soir qui offre des chambres de 4 à 6 personnes.

Après s'être fait remettre sur le bon chemin par un aimable samaritain, nous trouvons finalement une place ouverte, une demi-heure plus tard. Le café et les tostadas sont délicieux.

Le temps est radieux bien qu'un peu nuageux. Mais c'est parfait pour la marche. Nous mettons bien deux heures à sortir de Leon mais ce n'est pas désagréable. Loulou est surprise de me voir marcher à son rythme et je me surprends moi-même. Je me réjouirai de ma forme quand elle aura tenu plusieurs jours de suite. Mais pour le moment, une journée sans douleur est un cadeau inespéré. Et je le prends. J'étais un peu inquiet d'attaquer cette journée de 22 km mais il est tellement bon de marcher à nouveau librement et sans souci. Un copain m'envoyait récemment ce proverbe chinois : "On ne peut marcher en regardant les étoiles, quand on a une pierre dans son soulier".

Nous arrivons à Villar de Mazarife à 12:40 et filons directement au Paradis de Jésus. C'est le nom de l'auberge. L'endroit est merveilleux bien que Jésus reste introuvable. La maison est vieille et les pièces vont dans tous les sens. Rien n'est standard ici. Le centre de la bâtisse est un puit de soleil à ciel ouvert et une terrasse y est aménagée. Il ne doit pas mouiller souvent par ici pour justifier une telle architecture car avec les pluies que nous connaissons chez nous, cette maison serait inondée en moins de deux.

A notre grande surprise, il y a des chambres de deux lits. Nous en prenons une au deuxième étage. Nous avons une fenêtre avec des volets qui donne sur la cour intérieure. La chambre a même une porte. Tout un contraste avec hier soir. Et on ne l'aura pas volé.

Le tour du village est vite fait et au premier bar rencontré, c'est la bière et les tapas. Les tapas sont gratuits avec la bière mais il faut les demander. Il s'agit de hors d'œuvres toujours salés ou piquants pour assurément amener à boire plus. Ils varient d'un bar à l'autre. Aujourd'hui il s'agissait de petites boulettes de viande piquantes sur un morceau de pain. Hier des bouchées feuilletées.

Le reste de la journée est semblable aux autres journées, sieste, courses, souper et dodo. Quand tout est parfait, que l'endroit est idéal et que nous ne pouvons être mieux, autant se laisser bercer.

Alors que nous nous recroquevillons douillettement dans nos sacs de couchage et que nous ronronnons pratiquement, nous découvrons par la musique et les voix élevées à l'étage inférieur qu'au Paradis de Jésus, il y a... un bar !!!! M'enfin !

1 commentaire:

  1. Bon matin!Ouf que ca ne doit pas toujours évident toute cette promiscuité,autant de situations et de gens différents,heureusement vous réussisez a rester positifs.Depuis le début vos jours se suivent mais ne se ressemble pas.eh!presque 500km quand même,déja c'est un exploi en soi.Nous avons eu droit encore aujourdh'ui a des photos magnifiques.Je continue a vous encourager très fort et heureusement que parfois vous pouvez vous retrouver tout les deux un peu seul.Mes amis vous avez toute mon admiration.Alors sur ce bonne continuation! Martine xxoo

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