De St-Jean-Pied-de-Port à Santiago de Compostela

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mardi 4 mai 2010

Jour 26 / dimanche / Astorga / 17 km / total 528 km

Il y avait longtemps que nous nous étions levés sur une journée maussade. Les nuages sont denses, foncés et ça sent la pluie.

Nous nous levons au rythme de nos colocs qui s'activent une quinzaine de minutes avant notre heure et quittons l'auberge à 7 heures. Il fait noir et frais. Pas le choix de porter le manteau que nous garderons jusqu'à l'arrivée à Astorga à midi.

Pour la première fois de notre périple, nous marchons près de 300 mètres dans la mauvaise direction. Un carrefour propose deux directions, une vers Astorga et l'autre sans nom. Nous prenons Astorga. Dans la campagne matinale, il n'y a pas de passant ou d'automobiliste pour nous remettre sur le droit chemin. A Hospital de Orbigo, comme à plusieurs endroits, le chemin se sépare en deux pour suivre ou le tracé original ou une route nationale. Une chance que Louise regarde derrière elle de temps en temps car elle a vu des marcheurs au loin qui allaient dans une l'autre direction. L'erreur de ce matin aurait eu comme seul effet de ne mettre aucun village sur notre chemin pour prendre le café. Assez majeur quand même comme conséquence. Heureusement, comme prévu, nous prenons le petit déjeunons moins de trente minutes après notre départ.

La température est bonne pour nous depuis une dizaine de jours et aujourd'hui ne fait pas exception. Une bande de ciel bleu se profile à l'horizon au-dessus de ce que nous savons être maintenant les Monts de Leon. Nous savons que Dame Nature sera de notre côté encore aujourd'hui. Le temps reste frais mais le soleil est de plus en plus présent.

Après 200 kilomètres de plaines, il est bon de revenir dans les montagnes même si les descentes sont difficiles sur mon genou. A notre grand plaisir, nous renouons avec vignes et chemins boisés.

A mi-chemin, au travers des champs, apparaît une vieille bâtisse esseulée. Devant se trouve un kiosque avec une multitude de fruits, de noix, de tisanes, de jus bio et plus encore. L'homme qui tient ce stand est relativement jeune et jovial à l'extrême. Bien qu'il soit extravagant, il n'en reste pas moins fort sympathique et très charismatique. Et en plus, il ne demande pas un sou. Il n'y a qu'une simple boite "donativo". Il me fait penser à Jésus avec ses sandales, ses joggings larges, ses cheveux en bas des épaules et ses yeux perçants. Il y a même des coussins sur un banc... il a vraiment pensé à tout. Ce mec habite dans cet endroit délabré mais il semble heureux. Un autre qui redonne aux marcheurs après avoir reçu beaucoup des chemins du monde.

Nous arrivons à midi pile à Astorga et l'auberge est magnifique. L'accueil est chaleureux et l'hospitalera qui nous présente les lieux est d'une gentillesse exemplaire. Photo. Une musique d'église joue en fond et c'est très relaxant. Nous savions que l'auberge, bien qu'elle comporte 145 chambres, a quelques chambres de deux lits. Nous le demandons. Nous suivons la dame au deuxième et elle débarrre et ouvre la porte de notre chambre pour la nuit. Nous faisons Louise et moi un "Oooohhhh" spontané en voyant la pièce. Deux lits superposés, un évier, une fenêtre avec volet et une vue extraordinaire sur les montagnes et la verte campagne. Et tout est si propre. Les douches, les toilettes et la cuisine sont étincelantes. Il y a une terrasse extérieure couverte et il fait bon s'y prélasser en prenant le vin et le souper plus tard.

Après les tâches, nous partons à la découverte de cette ville splendide inondée de soleil. C'est dimanche, tout le monde est beau et les enfants s'activent dans tous les sens. Les places publiques débordent de vie et il y a même un marché publique temporaire près de la cathédrale. Ça ressemble beaucoup à chez nous avec beaucoup de choses à gouter, des bijoux, des colliers, des vêtements et de la poterie. Nous achetons quelques bricoles pour le souper puis nous nous arrêtons sur une terrasse pour diner. La pizza et les frites sont succulentes. La bière aussi. Nous revoyons Mckensy l'américaine et notre chef arabe. Photo.

Nous revenons en direction de l'auberge et tout est prétexte à s'arrêter au soleil. Nous terminons notre course dans le magnifique parc adjacent à l'auberge.

Nous nous allongeons quelques instants dans notre superbe chambre puis nous allons déguster notre bouteille de rouge à la terrasse derrière l'auberge. La vue est sensationnelle, la même que celle que nous avons de notre chambre mais un étage plus bas.

Après le souper, nous montons à notre chambre car il est déjà 20 heures. Nous nous couchons et le conte de fées se poursuit dans cet auberge. Le volet est fermé étanche et il fait noir foncé. Nous sommes réconciliés avec le genre humain, tant qu'il reste dans la chambre voisine !


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