De St-Jean-Pied-de-Port à Santiago de Compostela

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mardi 4 mai 2010

Jour 27 / lundi / Rabanal del Camino / 21 km / total 549 / Santiago 242 km

Contrairement à hier, le lever de soleil est grandiose et nous nous dirigeons vers les nuages. Par un jeu de vents favorables, les nuages gris foncés nous passent sous le nez sans s'arrêter et nous marchons au sec sous un soleil frisquounet toute la journée.

Nous quittons notre nid douillet vers 7:35 et traversons les jolies plazas aussi désertes ce matin qu'animées hier après-midi. Il faisait si bon y prendre du soleil et des calories.

Le premier bar ouvert que nous rencontrons est par défaut le meilleur endroit pour petit déjeuner. Bien que ce soit toujours bon, le cretons, le beurre de peanuts et le map-o-spread nous manquent. Par contre, le café con leche l'emporte haut la main sur le café faible de la maison.

Encore aujourd'hui les décors sont somptueux et la température idéale pour la marche. Il ne fera jamais plus de 15 degrés mais il n'en faut pas plus pour être confortable.

Physiquement, j'en suis à ma quatrième journée consécutive sans douleur et tout goûte meilleur. Louise a sa bonne forme habituelle qui la caractérise si bien.

Il y a beaucoup de monde sur le chemin. Plus qu'à l'habitude. Un chemin provenant de Séville s'est fusionné au nôtre en plus de marcheurs qui ont débuté leur camino à Leon ou dans les environs pour filer vers Santiago. Régulièrement aujourd'hui nous comptons facilement près de dix personnes devant nous et autant derrière. Ça change des journées où nous marchions seuls des kilomètres durant.

La forme est si bonne que nous ne prévoyons qu'une seule pause à mi-chemin. Nous avons toujours été attentifs aux recommandations qui nous avaient été dictées, à savoir de s'étirer avant et après la marche, d'arrêter à toutes les heures et de marcher à un rythme moyen. Rien de tout cela aujourd'hui. Nous montons sans problème jusqu'à 1200 mètres d'altitude pour finalement arriver à Rabanal del Camino sur les chapeaux de roues aux douze coups de midi. La température descend drastiquement et les vents s'intensifient. Le soleil est toujours présent mais uniquement comme figurant. Il tombe même une grêle légere vers 13 heures. Hier à la même heure, c'était la terrasse ensoleillée à Astorga.

Sincèrement, sur le plan physique,
j'envisageais les journées sur le chemin de Compostelle exactement comme celle d'aujourd'hui. Jamais je n'aurais imaginé un instant que j'aurais du mal. Je savais que ça ne serait pas facile mais jamais difficile. Loulou m'a dit une fois que mes problèmes des premières semaines ne seraient pas survenus pour rien. Ils auraient contribué à sa bonne forme à elle car sans cela, elle aurait probablement été trop rapide, moins à l'écoute de son corps et aurait peut-être eu des problèmes. Mes malaises l'auraient obligée à ralentir le rythme. Elle voit du positif dans tout. Elle est vraiment adorable.

L'auberge est à l'entrée du village qui ne compte pas 50 habitants. C'est très beau, très propre et l'hospitalera est bien gentille. Pour deux euros de plus, nous pouvons loger dans une chambre de six plutôt que dix. La paix a un prix bien qu'à six, ce ne soit pas garanti, surtout que nos quatre colocs sont espagnols.

La bière de l'après-midi se prendra à l'intérieur et les tapas ne seront que de vulgaires noix coriaces. Attention aux dents ! Quelques heures passent et c'est la course aux courses. Le seul épicier du village fera des affaires d'or quand son commerce rouvrira à 17 heures. La place se remplit d'un coup à l'ouverture des portes. C'est grand comme ma main mais il y a de tout à prix relativement raisonnable considérant qu'il soit le seul à des kilomètres à la ronde.

Pendant le souper, il tombe encore une précipitation mi-solide mi-liquide. La maison n'est pas chauffée et le poêle à bois de la pièce commune est vraiment agréable quand on s'y colle mais n'a malheureusement pas d'effet sur le reste de l'édifice. Les couvertures de laine seront de mise pour la nuit.

La leçon que je tire de cette journée est qu'il ne faut jamais désespérer et toujours garder en tête que les choses peuvent changer même quand on n'y croit plus... ce soir au coucher, nos colocs espagnols... chuchotent !!!!!

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