Mental et physique sont à leurs meilleurs pour attaquer cette journée qui s'annonce difficile. 20 kilomètres dont les 8 derniers en montée constante vers O Cebreiro, pour atteindre les 1300 mètres d'altitude.
Nous quittons sans regret le triste village de Trabadelo vers 7 heures. Par contre, bien que l'auberge n'était pas chauffée, nous y avons eu du bon temps.
Le temps est incertain et le poncho se portera par intermittence. Il ne tombera jamais plus qu'un petit crachin irritant.
Le déjeuner se prend dans un truck stop après 5 kilomètres de marche. Un peu inusité comme endroit après avoir connu de si charmants bars. La pluie fine commence à tomber et les ponchos s'enfilent pour la première fois.
Bien qu'on longe une route nationale achalandée, le décor montagneux est extraordinaire. Une rivière nous accompagne sur dix kilomètres et les vallées qu'elle traverse sont des plus agréables. Les fleurs sauvages abondent et les spirées géantes embaument. C'est une co-habitation plutôt surprenante avec le bitume.
Alors qu'il n'y a pas si longtemps nous parcourions de grandes étendues à perte de vue, il y a ce matin un village à presque tous les deux kilomètres. Quelques uns délabrés, d'autres très soignés. Comme c'est samedi, nous arrêtons chaque fois qu'une occasion se présente pour ajouter à nos provisions.
Nous faisons une dernière pause-café à Hospital avant d'amorcer la montée vers O Cebreiro. Le rythme est bon et nous atteignons notre destination moins de deux heures plus tard alors que la pluie reprend de plus belle. Nous en sommes très satisfait.
O Cebreiro est un village de 27 habitants et est situé au sommet d'une montagne d'où le point de vue est littéralement renversant. Elle a en son centre une église de plus de mille ans. Malheureusement, c'est une trappe à touristes et nous avons l'air d'extra-terrestres parmi cette foule.
Nous traversons la micro-localité pour nous rendre à l'auberge municipale. Elle n'ouvre qu'à 13 heures. Nous devons attendre 40 minutes et il fait froid.
La place contient 104 lits et les marcheurs sont traités comme du bétail. Bien que les installations soient neuves, c'est le pire endroit que l'on ait vu sur le camino.
Nous nous sauvons de cette endroit de malheur pour en rejoindre un autre. Le village est adorable mais il suinte de touristes et ca enlève tout le charme de la place. Nous entrons dans un bar plutôt charmant et à ma grande surprise, les qualifications du Grand Prix de F1 d'Espagne ne font que commencer alors que je les croyais terminées. En plus, il y a du wifi. Ma journée est sauvée. La bière, la soupe et le pain nous calment.
Nous faisons tout pour étirer le temps, nous allons même assiter à une messe en anglais dans l'église millénaire. L'épicerie du village est si petite que dix personnes n'y tiennent pas. Les prix sont aussi élevés que l'accueil est inexistant. On jurerait d'un commerce des années 30, comme c'est souvent le cas dans tous les villages.
Pour ajouter à l'affaire, il pleut sans arrêt et il ne fait pas 12 degrés. Nous sommes condamnés à retourner dans cette auberge où rien n'est conçu pour le plaisir et le bien-être des pèlerins du chemin de Compostelle. Tous ces endroits si extraordinaires où nous avons logés auparavant nous manquent.
Le flot de marcheurs s'alourdit quotidiennement de plusieurs dizaines de marcheurs et il s'en ajoutera bien plus encore pour les derniers cent kilomètres, ce qui est le minimum à effectuer pour obtenir la Compostela reconnaissant que l'on a fait le chemin de Compostelle. Ceux qui sont partis de St-Jean-Pied-de-Port comme nous se font de plus en plus rares.
Nous soupons si tôt que nous sommes au lit vers 19:30, même en sachant que ça brassera tard. Mais on met de l'eau dans notre vin en pensant que demain, cette page de notre voyage sera tournée et oubliée. C'est dommage de penser comme ça... on est en vacances en Espagne après tout !
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Hola amigos!Ouf que ça n'a pas l'air d'avoir été facile aujourd'hui,mais dans quelques jours ça sera les vrais vacances.La dolche vita.Bonne fête des mères ma Loulou.Bon courage pour la suite,je pense à vous.Bisous Martine
RépondreSupprimer